version 2003


"Systèmes Transformant Education, Technologies et Informations en Connaissances"

Clusters économiques fondés sur l'amélioration du relationnel interpersonnel comme source de revenus, d'innovations et d'organisation pour les entreprises.

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Définition du clusterDéveloppement géographique - Charte générale  -  Ressources "HBN"  -  Faq - WebTour

La base du cluster est une entité géographique. 


But:
créer du business et de la croissance

Méthodologie:
les chaînes de valeurs et les choix économiques

 

Le mot "cluster" est l'évolution anglo-saxonne de l'ancien français "closture" qui s'écrit aujourd'hui "clôture". Le cluster est donc à l'origine, une parcelle de terrain clôturé (un clos). Par extension, un "cluster" désigne une portion déterminée de territoire.

L'appartenance à un cluster est donc en premier lieu un fait de localisation et non le résultat d'une inscription à une association ou un organisme.

Dans les années 80, Michael Porter a mis en évidence l'existence de concentrations géographiques et économiques naturelles où la croissance est importante et soutenue par les interactions entre les acteurs privés, publics et institutionnels en liaison avec un type d'activité spécifique.

Lorsqu'on parle de cluster en économie, on fait référence aux notions de développement individuel et régional mis en évidence par Michael Porter. 

Conditions pour qu'un cluster soit un instrument de développement individuel et régional

Lorsque les concentrations industrielles aboutissent à une certaine spécialisation, une région peut prendre un leadership sur les autres et exporter ses produits ou sa technologie. 

Sa balance commerciale positive attire alors des services et des  investissements complémentaires qui contribuent à une démultiplication de la croissance globale au-delà de la spécialisation "mère".

Pour être un instrument de développement régional, un cluster dans un secteur particulier (ex.: les TIC) n'est donc pas simplement une importante concentration de sociétés du secteur.

Ces sociétés doivent également posséder des compétences qui ne se retrouvent pas ailleurs, pouvoir les exporter et attirer des investissements intéressés par la concentration de ces compétences spécialisées.  

Caractères d'une concentration TIC

Des actifs industriels importants concentrés dans une région peuvent attirer autour d'eux une concentration significative de sociétés de services TIC. Ces sociétés de services contribuent à l'augmentation du PIB régional. Elles contribuent également à l'amélioration du patrimoine industriel régional en fournissant à leurs clients les évolutions technologiques nécessaires à leur constante progression.

Elles sont cependant principalement importatrices de technologies externes. Du point de vue de la balance commerciale réduite au secteur TIC, elles peuvent ainsi induire un déficit.

Par leur apport technologique, ces sociétés contribuent au développement régional dont elles vivent, mais il n'est pas évident qu'elles seront favorables au développement d'un cluster dans leur domaine, par crainte de concurrencer leurs propres sources de compétences

Par exemple, pour les sociétés filiales d'un groupe, leurs patrimoines et actifs sont externes à la région. Elles adhéreront facilement à une fédération en charge de défendre leurs droits et leurs intérêts mais il n'est pas évident qu'elles adhèrerons à une stratégie de développement du patrimoine TIC local dans leur secteur, ne tenant pas ou n'étant pas autorisées à concurrencer leur maison mère.

Caractères d'un cluster TIC

Pour créer un moteur de développement local dans un secteur donné (ex.: les TIC), le cluster doit donc être caractérisé par la création d'actifs et de compétences (= patrimoine) qui appartiennent à la région et qui pourront être exportées.

Pour différencier une concentration simple d'un cluster, nous pourrions dire que le cluster remplit trois conditions: une part significative des actifs et des investissements spécialisés du secteur est endogène; l'ensemble des actifs est réparti sur plusieurs sociétés indépendantes; la balance commerciale régionale est positive pour la spécialité sur laquelle les actifs sont valorisés .

Tout n'est bien entendu ni blanc ni noir et les deux types d'investissements co-existent en général dans toutes les régions. Il reste néanmoins qu'un cluster a comme particularité de créer une valeur patrimoniale localisée et de provoquer un développement général autour de cette valeur.

Clusters TIC en BelgiqueEléments morphologiques du secteur TIC en Belgique

On peut décrire (carte ci-contre) en Belgique six éléments morphologiques caractéristiques dans le secteur TIC: l'axe Anvers-Malines-Bruxelles, Gand, Louvain, Liège, la partie germanophone et le losange HBN (Hainaut-Bruxelles-Namur).

La carte ci-dessus (plus haut dans la page) permet de voir que ces composantes correspondent à des densités d'industries et de populations particulières ainsi qu'à la disposition des axes de communication et aux appartenances culturelles.

Les morphologies de concentration: Anvers-Bruxelles et Liège

L'axe Anvers-Bruxelles est celui qui réunit les plus gros acteurs du secteur TIC dont beaucoup sont d'origine étrangère. De par une clientèle locale internationale, c'est le cluster qui a le plus de contacts avec le monde extérieur. Sa contribution au PIB national du secteur TIC est majoritaire. Il n'est cependant pas certain que la contribution directe de tous ses membres à la balance commerciale du secteur TIC belge y soit positive. Leurs activités importent en effet un grand nombre de technologies étrangères dans le pays. 

Cet axe TIC est plutôt le résultat d'un cluster industriel (chimie, automobile, finances, administrations, etc ...) qui a attiré des investissements de services complémentaires, en grande partie d'origine externe, dont par exemple les services TIC. Les grands noms internationaux du secteur TIC y ont très souvent leur headquarter belge, voire européen.

Liège compte également une concentration importante de population et d'industries. Il est donc normal qu'une concentration de services TIC s'y retrouve. L'éloignement géographique relatif de Liège exige en effet pour de nombreuses sociétés d'y ouvrir un bureau ou une succursale, si elles veulent desservir le marché local. Ce point différencie d'ailleurs Liège de Charleroi qui peut plus facilement être desservi par une entité située à Bruxelles.

Sans dénigrer une activité innovante réelle pour l'axe Anvers-Bruxelles et Liège, nous dirons que les morphologies de ces deux zones apparaissent principalement comme des concentrations d'industries de services TIC et qu'il y est plus difficile de faire apparaître la composante cluster.

Les morphologies de cluster: Gand, Louvain, la région germanophone et le losange HBN (Hainaut-Bruxelles-Namur)

Les clusters de Gand et de Louvain sont nés autour des universités de ces deux villes. Ils concentrent de nombreuses innovations et nouvelles initiatives. Ils sont naturellement tournés vers l'extérieur au vu de leur caractère innovant et de leur interland relativement limité par rapport aux régions décrites ci-dessus.

Nous mentionnons à l'est de Liège, un cluster lié à la particularité linguistique des régions germanophones.

Enfin, le losange HBN (Hainaut-Bruxelles-Namur) est une entité qui n'a apparemment pas été décrite telle. Elle est cependant bien réelle, en création et en développement constant depuis plusieurs années (nous proposons par ailleurs de la dénommer "Le Diamant HBN").

Cette entité repose sur de nombreux éléments socio-économiques:
- une population importante (> 2,5 Millions d'habitants) linguistiquement homogène
- un brassage naturel et continuel des populations au sein du losange (navetteurs professionnels quotidiens vers Bruxelles, Namur, Charleroi, ... ; centres commerciaux attractifs multiples; étudiants navetteurs vers Mons, LLN, Namur, Bruxelles, ...; clientèle industrielle importante aux extrémités du losange: Bruxelles, Lille, Courtrai, Namur)
- l'orientation et l'excellente densité des structures de communications internes (routes et autoroutes orientées en étoile vers Bruxelles, connections latérales aisées)
- les résultats des efforts de développement régional (concentrations de nouvelles sociétés à Mons, Charleroi, Enghien, Isnes, Louvain-la-Neuve, Waterloo, ...)
- la présence des universités (Louvain-La-Neuve, Namur, Mons), la densité d'établissements d'enseignement technique et de nombreux centres institutionnels de support (AWT, Technofutur3, Multitel, Cetic, ...)

Le cluster HBN n'a pas de visibilité officielle car il est une intersection de plusieurs pouvoirs administratifs (ex.: Bruxelles, Brabant wallon, Hainaut, Namur) et politiques qui agissent chacun selon leurs prérogatives.

Il puise son existence dans les faits: les sociétés qui interagissent entre elles le font de fait prioritairement avec des sociétés situées dans le losange. Au vu du nombre de sociétés TIC qui y sont présentes sur base d'investissements endogènes et au vu des interactions qui existent entre elles, on peut identifier "de facto" le losange HBN comme un cluster pour le secteur TIC.

Résumé : la différence "concentration simple" - "cluster"

Des observations mentionnées ci-dessus, on voit que les deux morphologies ont pour base une concentration de sociétés d'un secteur donné, le secteur TIC dans nos observations.

Nous observons qu'une "concentration simple" est constituée de sociétés dont la fonction est principalement un chiffre d'affaire et une marge, ces entités n'ayant pas pour fonction de créer un actif endogène croissant dans leur secteur d'activité. La croissance de l'actif endogène de la région trouve son origine dans l'activité d'un ou de plusieurs autres secteurs.

D'autre part et en concordance avec Michael Porter, nous observons que la concentration "cluster" a deux caractéristiques:
- elle est  constituée de sociétés créant dans leur secteur, un actif endogène 
- dans leurs interactions, les sociétés du cluster favorisent en priorité les autres créateurs d'actifs endogènes situés dans une certaine proximité.

Les deux types de morphologie participent à un développement régional, mais de manière essentiellement différente. L'économie d'une région est souvent un mélange de ces deux composantes en proportion variable.

Situation économique relative des deux morphologies

Il faut se garder de penser que le texte ci-dessus signifie que "cluster" est un miracle économique régional car les "concentrations" sont encore aujourd'hui économiquement largement plus performante, ce qui est schématisé dans la figure ci-contre.  La réalité demande des remarques additionnelles pour être comprise correctement:

1. Dans les faits, les zones de concentrations mentionnées ci-dessus participent de manière significative, et au demeurant presque sans commune mesure avec les régions "cluster", au PIB et à l'emploi du secteur, et même, au PIB et à l'emploi de l'ensemble de l'économie nationale. Cette situation perdure depuis de nombreuses années: de nombreuses sociétés sont présentes depuis plus de 10 ans et ont des tailles importantes ( > 100 personnes).

C'est particulièrement vrai pour l'axe "Anvers - Malinnes - Bruxelles" qui est un des axes les plus prospères de la planète.

Ces zones de concentration sont actuellement les plus touchées par la crise qui sévit depuis plus d'un an. La diminution drastique des investissements industriels fait reculer le volume des affaires et des emplois. Plusieurs sociétés de ces zones se tournent vers les pouvoirs publics afin de les aider à passer la crise et afin de maintenir l'outil de production à un niveau correct.

La légitimité de ces demandes est compréhensible au vu de la contribution très importante de ces firmes au PIB et à l'emploi, mais elle pose problème car les aides publiques, sous l'impulsion de l'Europe, sont de moins en moins consacrées à de la subsidiation court terme. Elles sont majoritairement consacrées à soutenir des investissements d'actifs endogènes et durables, type d'actions auxquelles ces sociétés sont ne sont pas toujours habituées, voire exclues par les stratégies imposées par leurs headquarters.

2. Les zones clusters mentionnées ci-dessus ont encore aujourd'hui une participation minoritaire si on compare leurs performances globales aux chiffres nationaux.

Ces régions sont des régions où les nouvelles initiatives sont nombreuses et où les interactions entre sociétés se sont développées, et certainement renforcées, de manière croissante ces dernières années. La majorité des sociétés sont encore jeunes et petites et de très nombreuses ne sont pas encore parvenues à créer une croissance de leurs fonds propres par leurs seules activités commerciales.

Ces initiatives ont largement fait appel - et font encore appel - aux fonds d'aides structurelles directes (capitaux, prêts, consulting, ...) et indirectes (infrastructures, centres de formations, ....). Il est encore trop tôt pour savoir si ces investissements parviendront à une croissance pérennisée et si l'effet cluster amorcé parviendra à s'amplifier de manière durable. Cette situation d'amorçage est particulièrement le cas du losange HBN.

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